Le 26/01/2026 à 10:38:59
1949 était un projet très attendu depuis les premiers visuels envoyés sur le net. Artiste industriel des grands éditeurs américains, Dustin Weaver souhaitait comme beaucoup se lancer dans un projet Indé chez Image comics. Comme beaucoup il avait de superbes concepts graphiques. Comme beaucoup il en oubliera l’importance d’une intrigue précise qui complète les visuels. Très à l’aise dans la mise en scène, l’auteur nous envoie dans un polar noir et blanc inondé de trames pour ajouter un aspect vintage et un dessin dans l’esprit sud-américain très découpé, avant de basculer dans de gigantesques panorama en doubles pages à la colorisation informatique et dessin épuré. Deux époques, deux ambiances. L’intrigue principale suit cet agent Blank en 1949, brillante inspectrice à la poursuite d’un assassin. L’enquête est entrecoupée de ses visions oniriques où elle est une sorte de cyborg au sein d’une cité verticale ou de superstructures SF câblées (Otomo est passé par là). Les deux époques sont bien menées, très belles et intéressantes. Malheureusement Dustin Weaver nous laisse bien peu d’éléments pour relier ces réalités, notamment du fait d’une pagination qui aurait mérité le double pour pouvoir développer une trame complexe de façon aussi aérée et sans trop d’explications. Sans révéler ce qu’on perçoit de l’idée derrière le concept visuel, on évoquera ces unités d’enquêteurs temporels qui interviennent dans d’autres réalités. L’auteur ne joue pas avec les habituels paradoxes temporels et reste un peu à quai une fois qu’il a dévoilé l’aboutissement de l’enquête, quelque peu précipité (comme souvent dans les polar noir du reste). On reste donc frustré par un projet artistiquement très réussi dans sa variété (on pourra faire un parallèle avec l’excellent Vicious circle de Bermejo). Une idée reste une idée tant qu’elle n’est pas développée en un scénario. Certains scénaristes l’oublient en pensant que leur plaisir graphique suffira à emmener le lecteur… Pétard mouillé, projet ambitieux inabouti, chacun se fera son idée. Reste que ce 1949 est décevant eu égard à son potentiel et au métier de l’auteur. Lire sur le blog: https://etagereimaginaire.wordpress.com/2026/01/05/1949/BDGest 2014 - Tous droits réservés