Le 19/01/2026 à 12:05:42
J’ai bien aimé découvrir ce nouveau Batman. L’idée d'un Bruce Wayne ouvrier, sans gros gadgets et qui vit comme tout le monde, est vraiment originale. C'est une façon de revisiter le héros qui m'a beaucoup plu. Par contre, j'ai trouvé l'intrigue un peu légère. Le scénario mise beaucoup sur une ville sauvage où tout le monde s'entretue, ce qui pose question : Gotham doit-elle forcément n'être qu'un théâtre de violence gratuite ? On a parfois une impression de "bazar" permanent, mais c'est peut-être un choix de l'auteur pour bien poser les bases de ce nouveau Batman et montrer une ville en pleine déchéance. On sent que ce tome sert surtout à installer l'univers, même si pour l'instant, les enjeux manquent encore de profondeur. Côté dessins, c’est bien mais sans plus, ça ne m'a pas marqué. En résumé : le nouveau concept de Batman est super, mais j'attends de voir si la suite donnera plus de consistance à l'histoire.Le 18/12/2025 à 07:43:41
Passer d’un roman graphique sérieux à un manga ou un Batman, c’est comme changer de chaîne sans perdre le fil… facile et sans effort ! Ce n’est sans doute pas le meilleur titre de la série des Batman, mais il mérite néanmoins d’être exploré. Scott Snyder nous plonge dans un univers où la violence a pris le contrôle des rues de Gotham, et sa vision, bien que parfois radicale et réellement poussive dans la violence, parvient à capturer l’essence d’une ville en perdition. L’une des forces de ce récit réside dans sa réinterprétation du personnage de Bruce Wayne. Plutôt que le richissime héritier que l’on connaît, Snyder nous présente un homme issu d’un milieu modeste, fils d’un enseignant et d’une assistante sociale. Ce choix audacieux ouvre la porte à une exploration plus profonde des traumatismes qui façonnent Batman. Ce Bruce Wayne, fauché et ingénieur en urbanisme, incarne un idéal différent, mais tout aussi déterminé à nettoyer Gotham de sa criminalité. Graphiquement, Absolute Batman est un véritable régal pour les yeux. Nick Dragotta livre un travail remarquable, avec un trait maîtrisé et un découpage dynamique qui mettent en valeur l’intensité de l’histoire. Les planches sont visuellement frappantes, alliant beauté et puissance. L’aspect plus violent du Batman de Snyder se reflète aussi dans le chara-design, apportant une nouvelle dimension au personnage et à son univers. C’est un plaisir de voir à quel point cet univers graphique enrichit la narration. Cependant, malgré ces atouts, certaines idées peuvent sembler saugrenues, et la radicalité de l'approche, bien que captivante, peut parfois donner l’impression d’être excessive. La violence omniprésente, bien qu’efficace pour établir l’atmosphère, peut également être un peu écrasante, risquant de détourner l’attention de l’intrigue principale. C'est l'aspect que j'ai le moins aimé car j'ai très vite été dissipé par les méandres du scénario. Bref, c'est une œuvre qui, malgré ses défauts, réussit à offrir une vision originale et percutante du Chevalier Noir. La combinaison d’une narration audacieuse et d’un beau graphisme en fait une lecture incontournable pour les amateurs de comics, même si elle ne rivalise pas avec les sommets de la série. Snyder réussit à redéfinir le mythe de Batman, et c'est là que réside tout l'intérêt de cette version.Le 29/10/2025 à 17:43:07
Scott Snyder sur Batman, c’est une histoire qui remonte déjà à 2011. Il y a eu du très bon, notamment au début avec la Cour des hiboux, puis une succession de séries grand-guignolesques – Metal, Death Metal, Last Knight on Earth – qui m’amènent aujourd’hui à me méfier de tout nouveau travail sur le personnage. C’est donc sans grande attente mais avec tout de même une once de curiosité que j’ai entamé cette nouvelle série (Absolute Batman 2024, #1-6). Estampillée "Absolute", un équivalent de l’univers Ultimate chez Marvel, la série fonctionne pour l’heure de manière assez classique : un nouvel adversaire en la personne de Black Mask est introduit, une thématique actuelle – la cryptomonnaie – sert l’intrigue de ce premier arc et on navigue à chaque nouvel épisode entre le passé et le présent du personnage. Sur le fond, rien de bien exceptionnel donc pour qui aurait l’habitude de lire du Batman ces dernières années. C’est sur la forme que la série s’éloigne fortement du classicisme du Chevalier noir. Tout d’abord, comme le montre la couverture, le design retenu pour le personnage par Nick Dragotta est massif et plus proche de celui que l’on attribuerait à Bane qu’à Batman. Ensuite, cette musculature sous stéroïdes est mise au service d’une grande violence graphique et, s’il ne tue heureusement toujours pas, Batman n’hésite désormais plus à gravement blesser tous celles et ceux qui se mettent en travers de son chemin. J’ai trouvé décevante cette vision du personnage, assez éloignée de l’idée que je m’en fais, et j’ai eu l’impression de retrouver dans ce gros bourrin le Dark Knight de Frank Miller mais en plus jeune. Il y a pourtant de chouettes idées pour réinventer la mythologie du personnage – son origine sociale, ses proches – mais je n’arrive pas à faire abstraction de ce constant besoin d’exagération.BDGest 2014 - Tous droits réservés