Résumé: Une banque. Des braqueurs. Des otages. La routine. Mais cette simple affaire de braquage vire à la paranoïa collective quand tout le monde pense, à tort, que les braqueurs sont des terroristes islamiques.
Emportés par l'absurdité contemporaine et le monde politico-médiatique, les protagonistes vont devoir se sortir de cette situation surréaliste qui gonfle d'heure en heure... Ils auront cependant l'opportunité d'échanger de savoureuses anecdotes à raconter en soirée pour rompre la tension du moment. Saviez-vous par exemple que Damas est la ville la plus ancienne encore habitée ?
C
hez les Karibou, il y a deux familles, celle qui regarde vers le passé pour mieux le revisiter (Jeanne et Cierges, Troie zéro, etc.) et celle qui étrille notre quotidien (Dernière réunion avant l’apocalypse). Ces deux branches partagent le même humour ravageur et évidemment la même filiation avec les Fabcaro, Desproges et autres Hara Kiri du répertoire. Son dernier effort, illustré par Thierry Chavant, Braquage et anecdotes savoureuses à raconter en soirée se classe clairement dans la seconde catégorie.
Au programme : satire des médias d’informations continues et de leur fixation sur l’Islam adossée à l’exploitation des stéréotypes des récits de braquage/prise d’otages. Les innombrables piques, entre absurdes et pur nawak, sont liées par une série de running gags centrés, comme le titre l’indique, sur les propos dérisoires qui servent à meubler nos conversations amicales. Le travail d’écriture est admirablement goupillé, les one liners font mouches et tout le monde en prend pour son grade. Et puis, ça recommence à la page suivante et encore à celle d’après, etc. La machine tourne toute seule et ayant consommé tout son papier, s’arrête sans plus d’explications. Certes, les rires et les sourires sont au rendez-vous, preuve que ça fonctionne. Dans un premier temps en tout cas. En effet, au fil de la lecture, impossible de ne pas remarquer la vacuité qui se cache derrière les répétitions. Sans compter que le style parfois emprunté du dessinateur n’apporte aucune valeur ajoutée à ces joutes verbales finalement bien dérisoires.
Se moquer oui, cent fois oui, surtout des idiots et des dérives extrémistes. Cependant, sans un minimum de fond ou de recul, l’exercice s’essouffle rapidement et devient négligeable, voire insignifiant.