Résumé: À Paris, au cœur de la nuit, une jeune femme est retrouvée morte dans sa chambre d'hôtel. Autour de ce décès aussi sordide que mystérieux, un faisceau d'indices, et une enquête criminelle où se télescopent petites frappes, star du rap, sans papier, médecin, comédienne, ic à la dérive... Tous sont impliqués, de près ou de loin. Morceaux de vies et fragments d'intimité s'imbriquent et se répondent, semblant jouer en réseau à proximité de l'horreur. Une plongée en eaux troubles. Un récit choral poisseux et magistral.
H
assan est cuistot, au black, au Magenta, un hôtel comme un autre de la Capitale. Laurent, lui, est flic et s'occupe de sa mère, qui perd la boule. Ruben vend de l'électroménager pour faire vivre sa famille, en repensant à sa carrière de avortée rappeur. J.O. trafique à droite à gauche en se servant de sa baraque à crêpes pour maquiller tout ça. Karl, croupier, va perdre sa fille et retrouver son ex. Dany est médecin et trompe sa femme en oubliant de regarder son fils grandir. Noémie aspire à être actrice hélas elle a du mal à percer et prend tous les rôles qui lui sont proposés. Toutes ces vies vont s'entrechoquer...
Et tout commence par un meurtre, celui d'une jeune femme. Le scénario imaginé par Raphaël Frydman débute ainsi de manière bien énigmatique. Au lieu de dérouler une enquête classique, l'auteur - pour qui c'est la première incursion dans le neuvième art - construit son récit en se focalisant sur un personnage à chaque chapitre. Le procédé rappellera aux bédéphiles averti(e)s celui de la série RIP mais ici, il est centré sur un évènement déclencheur et les évènements décrits tournent autour. Initialement prévue sur écran, cette intrigue sombre et noire a été murie et a évolué pour être finalement racontée en bande-dessinée.
La partie graphique est l'œuvre de Luc Desportes, formé aux storyboards au côté de Jean-Pierre Jeunet ou Cédric Klapisch. Sous ses crayons, la narration adopte un style dépouillé avec un dessin noir et blanc et une mise en scène déstructurée qui s'affranchit des cases. Pourtant, tout reste fluide et lisible et, au gré des sept chapitres qui composent cette histoire, les éléments se mettent en place, tandis que certaines actions se font écho et que les questions qui se posent trouvent leurs réponses. Si le principe n'est pas nouveau, il est ici parfaitement exécuté et tient en haleine tout du long. Suivre ses vies fracassées qui subissent les déflagrations plus ou moins violentes issues du crime initial devient totalement prenant, malgré quelques facilités scénaristiques.
Enquête sous forme de kaléidoscope, L'échelle de Richter saisit au point de ne plus en lâcher sa lecture avant d'avoir eu le fin mot de l'histoire. Tenir en haleine sur près de cinq cents pages, c'est déjà une réussite. Le faire aussi bien, pour une première BD qui plus est, c'est suffisamment rare pour être salué.
Les avis
Simili
Le 08/01/2026 à 20:21:09
Région parisienne de nos jours. Dans un hôtel miteux, le corps d'une jeune fille est retrouvé sans vie. Que faisait elle là ? Que s'est-il passé ? Au gré de l'enquête de police, Raphael Frydman dresse le portrait d'hommes et femmes miséreux, looser sur les bords, et relativement attachants
Voilà un bon gros pavé qui se lit très facilement. En effet le style épuré, les dessins, qui font plus penser à des croquis, le tempo et le découpage de l'histoire permettent une lecture fluide et rapide. J'ai eu l'impression d'avoir entre les mains un storyboard, ce qui n'est pas forcément surprenant, compte tenu de l'expérience des auteurs.
Concernant le scénario, nous sommes en présence d'un polar tout ce qu'il y a de plus classique, que l'on pourrait typiquement retrouvé dans un épisode du vendredi soir d'une série de France2. Rien d'extraordinaire donc mais rien de rédhibitoire non plus. Et pourtant cette histoire me laisse un goût d'inachevé. En effet le parti pris de s'attarder sur des personnages, liés de près ou de loin à l'affaire, ne permet pas de suivre le déroulé de l'enquête. Ce qui en soit est assez déroutant mais également, pour ma part, un peu dérangeant.
Un ouvrage qui pour moi ne nécessite pas forcément une acquisition mais qui au hasard d'un rayon d'une bibliothèque peu très bien faire l'objet d'un emprunt.
amphipat
Le 06/12/2021 à 11:18:52
Une brique curieuse, sans cases. Une histoire en noir et blanc a priori décousue. Des tas de personnes sans lien apparent. On lit la première histoire, d Hassan, puis la deuxième, puis on sait plus décoller. J'ai été vite scotché â cette brique où tout s interpenètre de façon sourde. Un must polar à lire de toute urgence. Serais pas étonné d'une version ultérieure cinématographique.