Le 25/03/2026 à 23:02:08
L"Épouvantail", objet troublant dans le fond d'un champ ; et si Lily, une petite fille solaire et pleine de malice lui donnait vie, nous aurions là le plus étonnant des cocktails. Ainsi l'épouvantail prend vie(s) dans les yeux de celui qui le regarde, ami fidèle de la nature ou être horrifique au multiples facettes, chacun y voit midi à sa porte. Et c'est en cela que "Épouvantail" de Phillipe Pelaez et Stéphane Sénégas est audacieux car il flirte avec le fantastique sans le montrer clairement ; ainsi il semble issu de l'imagination de chacun. Le récit se déroule sous la forme d'une enquête, d'un accident qui a eu lieu prêt du champ de l'épouvantail, mais cet accident parait presque anecdotique tellement le personnage de paille prend tout l'espace. Un récit que j'aurais voulu un peu plus accrocheur avec une trame de fond plus élaborée. Le graphisme en noir et blanc introduit la noirceur nécessaire et l'onirisme pour une représentation forte propre à l'imaginaire de chacun, c'est très réussi. Un one shot surprenant, j'ai apprécié l'univers et recommande lecture pour les amateurs de fantastique, de suspens et de belles illustrations. Reste les dimensions du livre (au format comics), un peu petit pour plonger complétement dans les illustrations travaillés de Sénégas. Je n'ai pas réussi à savoir si ce récit était accessible à la jeunesse ; l'illustrateur Stéphane Sénégas ayant lui même fait quelques titres pour la jeunesse (Anuki), car son dessin extrêmement léché ramène au genre à suspens qui peut en dérouter plus d'un. Nous sommes dans le même registre que la trilogie, "Les Croques" de Léa Mazé, ou le one shot "Trois ombres" de Cyril Pedrosa.Le 04/01/2026 à 10:25:35
J'adore ce que fait cet auteur à savoir Philippe Pelaez qui est à la fois professeur agrégé d'anglais et scénariste de bandes dessinées. Dernièrement ses histoires policières comme « Automne en baie de Somme » ou « Hiver à l'opéra » ont rencontré un beau succès parmi les lecteurs. Pour ma part, j'avais adoré « Dans l'ombre ». Je dois dire qu'on ne le retrouve pas forcément dans un genre différent car cela reste du polar avec une énigme policière mais c'est le traitement qui est assez original. En effet, on va suivre une petite fille campagnarde qui vit dans une ferme isolée et qui parle à un épouvantail dans un champ. Il y a certes un petit côté qui reflète la folie liée à la solitude mais surtout une incursion du fantastique. L'épouvantail est censé gardé un champs en faisant peur aux oiseaux mais pas que. Il est le reflet de nos peurs les plus sombres. Aussi, la relation avec cette petite fille sera parfois assez houleuse mais reviendra progressivement à quelque chose de plus apaisé. J'ai bien aimé les ressorts psychologiques qui se tissent jusqu'à un final assez magistral. Un mot tout de même sur la partie graphique en noir et blanc mais avec un rendu assez magnifique malgré un minimalisme de façade. Il y a des détails qui ne trompent pas. J'ai adoré cette BD par son côté assez sombre tout en restant assez optimiste surtout à la fin où tout se terminera pour le mieux même si les mamans ne reviennent pas toujours...Le 22/09/2025 à 11:22:47
J'ai mis du temps a franchir le cap de l'achat car au première abord je n'ai pas été séduit pas le dessin. Mais ayant eut l'occasion de rencontrer les deux auteurs, j'ai acheté cet album et je l'ai lu avec un très grand plaisir. Le dessin sert merveilleusement bien l'ambiance globale et je trouve [spoiler] admirable l’évolution de la relation entre Lily et l’épouvantail. C'est extrêmement bien écrit et pensé ! Mais je suis d'accord avec Yovo, ce serait dommage que les lecteurs passe à coté de cet album. Un de mec coups de coeur 2025Le 22/06/2025 à 17:42:20
Un album étrange qui baigne dans une atmosphère à la Tim Burton. Graphiquement, c’est assez impressionnant. Avec un sens aigu de l’épure et du clair-obscur, Stéphane Sénégas parvient à rendre certaines cases magnifiques. Son dessin plutôt simple, griffé de hachures ou rehaussé de lavis gris, est parfaitement lisible et possède un puissant impact visuel. Son épouvantail, notamment, est franchement réussi. Je ne le connaissais pas et c’est un dessinateur de grand talent que je découvre avec cette BD, dont la couverture m’avait immédiatement frappé par sa composition et sa beauté. Ce dessin s’associe avec le récit de Philippe Pelaez dans une parfaite osmose. L’un et l’autre se répondent à chaque instant pour plonger le lecteur dans cette ambiance sombre et bizarre, mêlant fantastique, polar et conte pour enfant. Une recette surprenante qui fonctionne très bien. La lecture est rapide mais presque perturbante par moment. Fort heureusement, le scenario accompli un petit miracle en faisant naitre une poésie aussi douce que lumineuse d’un environnement volontairement morne et lugubre. Cela permet de traiter de thématiques fortes, comme le deuil, l’absence, la différence, la solitude, le passage à l’âge adulte… avec pudeur, intelligence et une certaine profondeur. La dernière scène, superbe, l’illustre avec maestria. Pour toutes ces raisons, j’ai beaucoup aimé « Épouvantail » et je suis heureux qu’il ait rejoint ma bédéthèque. Toutefois, il est probable que des lecteurs passent à côté, car c’est une lecture vraiment atypique.BDGest 2014 - Tous droits réservés