Résumé: Dans un monde asservi par les machines, un garçon et son chien pourraient bien rallumer l'étincelle de la révolte.
La Terre est dévastée depuis que les hommes ont perdu la guerre contre les machines extraterrestres. Trente ans après l'invasion de la planète bleue par les Phantoms, les géants de métal, l'Humanité vit sous leur joug. Réduits en esclavage, les survivants travaillent à extraire l'énergie vitale, le « Mantra », pour alimenter les vaisseaux-mondes ennemis. Mais dans les ruines d'un monde brisé, l'espoir n'est pas tout à fait mort... Au milieu des décombres, Soni, un jeune récupérateur débrouillard, rêve de liberté. Avec son fidèle chien Dumpling, il écume les décharges à la recherche de pièces détachées. Un jour, il découvre un mystérieux générateur au coeur d'un ancien mécha de guerre. Et si cette trouvaille changeait tout ? Mais quand Dumpling est grièvement blessé, Soni n'a plus le choix : pour sauver son chien, le jeune garçon doit vendre son mécha... quitte à s'aventurer dans les bas-fonds dangereux de la cité et à affronter le gang des Majanghs. Mais rien ne va se passer comme prévu. Soni pourrait se retrouver malgré lui dans l'arène du tournoi First Strike, où humains et Phantoms s'affrontent dans des combats titanesques ! Piégé, il va devoir prouver sa valeur ou périr...
Christophe Alliel revient chez Glénat avec une nouvelle série de science-fiction où un inséparable duo pourrait changer la face du monde. Entre combats de robots, secrets de guerre et dépassement de soi, le premier album de cette tétralogie pleine d'action et d'émotion nous emporte vers des aventures titanesques où l'acier va plier face au courage d'un garçon.
C
ela fait trente ans que les Phantoms, des extra-terrestres surpuissants, ont pris le dessus sur l’Humanité. Le pillage énergétique de la planète continue depuis. Les survivants de la terrible guerre sont obligés de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Le jeune Soni quadrille les nombreux champs de déchets laissés par le conflit destructeur. Il récupère ce qui peut l’être et revend ses trouvailles à André, un ancien combattant devenu mécano. Ce n’est pas la panacée, mais il survit. L’occupation est néanmoins dangereuse, car des bandes de rôdeurs sillonnent aussi ces régions dévastées. Un jour, c’est le drame, Dumpling, son chien, est blessé gravement dans une bagarre. Affolé, Soni déguerpit et trouve refuge chez André. Il va falloir de l’argent rapidement, pour acheter des médicaments et sauver son plus fidèle compagnon. Les têtes se tournent alors vers l’aréna de la cité où un grand tournoi de Mecha est annoncé. La prime promise au vainqueur réglerait bien des problèmes…
Spécialiste des séries jeunesse de genre et d’allure manga, Christophe Alliel propose avec Les gardiens de fer un thriller post-apocalyptique balisé et formaté pour les lecteurs dès huit ans. Un héros courageux est entouré d’une distribution haute en couleurs, mais bienveillante. Quelques méchants forment une opposition et un ou deux personnages plus louches font office de liant, d’aide ou de traître afin de faire avancer une intrigue cousue de fil blanc. Le tout est baigné dans un pathos forcé (Dumpling va-t-il survivre ?) et d’humour bon enfant digne des grandes heures de la BD franco-belge de l’âge d’or ou des films d’Hayao Miyazaki. La narration avance promptement et ne laisse aucun doute sur le déroulement d’un scénario à la tonalité et à la moralité finalement plus près de Walt Disney que de Shōji Kawamori.
Visuellement, le résultat s’avère dynamique et éminemment coloré (superbe effort signé Albertine Ralenti). Le trait est précis, détaillé, sans être étouffant. Le design général est également au point, tant au niveau des robots que de la ville et des espaces qui l’entourent. Les amateurs d’ambiance nippone, entre kawaï et déliquescence, seront aux anges. Et s’ils apprécient la culture japonaise, sa gastronomie en particulier, la fête sera vraiment totale.
Un premier tome tout en autorité, doté d’une réalisation pleine d’umami, Les gardiens de fer ne joue pas la carte de l’inventivité, ni ne bouleverse les codes. À la place, il offre un moment de lecture (très) sage et rempli d’émotion au premier degré, revendiqué et assumé.