Le 26/01/2026 à 10:37:35
Etrange projet intello que cette Ombre des Lumière, dont on comprend que ne se conclut avec ce troisième volume que le premier cycle. Résolument calé sur les Liaisons dangereuses sur le premier opus, le second s’ouvrait pour un mieux vers le Dernier des Mohicans et reprenait le souffle qui manquait, compensant l’effet certes élégant mais très peu narratif de l’épistolaire. Le troisième tome semble vouloir revenir à ce qui intéresse le scénariste, ce croisement de personnages et de narrations recouvrant une toile complexe de mille thématiques, rendant le tout peu digeste. C’est d’autant plus frustrant que la couverture, trompeuse, inspire une chasse des deux amoureux du Nouveau Monde par le malfaisant, ce que ne nous relate pas du tout l’album, empêtré dans des considérations de stratégie militaire où intervient le jeune officier Georges Washington. Trop peu explicatif sur le contexte conflictuel des terres canadiennes, trop distant des personnages secondaires, la focale reste fixée sur l’affreux qui finit par nous être plutôt indifférent dans sa médiocrité, si bien que l’on est plutôt rassuré de le revoir revenir en Métropole où l’animal semble plus adapté pour narrer ses méfaits. L’Ombre des lumières est de ces BD réalisées avec grande classe par des auteurs en pleine possession de leur art, un Richard Guérineau plus flamboyant que jamais dans sa colorisation même si on a pris l’habitude d’une certaine confusion dans des visages très proches, Alain Ayroles en orfèvre dialoguiste empli de culture. Reste que si l’emballage est élégant et original, la mayonnaise peine à prendre avec un man que de liant entre de nombreuses envies, faisant de cette trilogie un objet mal défini. Gageons que les auteurs sauront exploiter dans la suite ce qui aura été installé et qu’une relecture patiente de ces albums complexes sauront rehausser l’intérêt pour la saga. Lire sur le blog: https://etagereimaginaire.wordpress.com/2025/12/30/lombre-des-lumieres-3-3-le-demon-des-grands-lacs/Le 03/01/2026 à 10:29:12
Cette série courte (3 albums) sera restée un régal du début à la fin. Rythme soutenu, langue française exquise, dialogues truculents, personnages attachants, satire sociale élégante mais parfois féroce en ont rendu la lecture jouissive. Attention, la forme épistolaire n'est pas la plus simple à suivre et mérite en effet une attention soutenue, prendre le temps, voire une relecture. Un bémol pour la fin qui n'est pas très explicite, à moins que cela ne prépare autre chose ? Quant au dessin, il est tout simplement magnifique, paysages, intérieurs, animaux, costumes, personnages européens ou amérindiens, hommes ou femmes. Ces trois albums ont bien gagné leur place dans ma bibliothèque. Non mais ! Misérables jean-foutres !Le 02/01/2026 à 19:45:13
J'ai été peu convaincu par ce troisième album même si, contrairement au tome2 qui n'est qu'une vague copie du tome1, le registre change avec un peu moins de "Lettre de ... à ..." et un peu plus d'actions même si ça tire en longueur pour savoir si le pari sera gagné ou perdu. Egalement, il y a beaucoup de références aux opus précédents. Si on ne les a pas relu, c'est difficile à suivre. Tout comme c'est également difficile à suivre compte tenu de la multiplicité des acteurs de tous bords. Enfin, la fin est déroutante, voire totalement incompréhensible. Je m'attendais à (on nous avait vendu...) une série en 3tomes. Il semblerait que ce ne soit que la fin du premier cycle (ce qui expliquerait cette fin qui tient difficilement la route?). Il est clair que si une suite était donnée, ce serait définitivement sans moi.Le 28/12/2025 à 12:32:43
Ce troisième album clôt cette histoire originale magnifiquement mise en dessin par Richard Guérineau (à mes yeux son travail vaut largement 5 étoiles, rendant hommage à la beauté des paysages du nord du continent américain, tout en gardant un vrai dynamisme dans les scènes d'action). La scenario reste dans la veine des deux précédents opus: il est parfois un peu déroutant de suivre le récit à travers ces nombreuses lettres, mais les personnages sont attachants, en particuliers les "seconds rôles" (mention spéciale pour Gonzague, finalement le plus attachant des protagonistes de cette aventure)... Il est juste un peu frustrant de ne pas en apprendre davantage sur l'odieux chevalier de Saint Sauveur (l'origine du pacte qu'il noua avec Gonzague en 1736, ou encore l'identité de cette femme mystérieuse à laquelle le chevalier écrit sans cesse).... En dépit de ces petits défauts, cette trilogie mérite sa place dans toute bédéthèque qui se respecte !Le 23/11/2025 à 15:38:59
Excellente conclusion, Ayroles est toujours une garantie. Après un premier volume un peu plus faible et un second qui était un chef-d'oeuvre, ce troisième épisode clôt le cycle canadien avec pathos (le climax de l’album est très efficace - et assez sanglant !). L’idée de faire d’un fils de p**e (excusez l’expression) le protagoniste de la série est très efficace : on se passionne pour lui et en même temps on espère qu’il perde, d’autant plus que dans ce volume le cynisme et la cruauté de Saint-Sauveur atteignent le paroxysme. La devise de Méphistophélès (dans le Faust de Goethe) pourrait très bien s’appliquer au notre chevalier : « Je suis celui qui veut toujours le mal et produit pourtant le bien ». Guérineau fait un bon travail, même si comparé à Maïorana, à Guarnido et surtout à Masbou (pour citer d'autres dessinateurs avec lesquels Ayroles a collaboré), son style est beaucoup plus simple et moins flamboyant. Cependant, même si le cycle canadien se termine ici, il reste encore beaucoup à dire sur Saint-Sauveur (et sur Gonzague, un autre personnage magnifique). J’espère que d’autres volumes suivront.BDGest 2014 - Tous droits réservés