Résumé: Entrée libre : bienvenue dans le berceau du hip-hop West Coast !
1982. Premier club de hip-hop de Los Angeles, The Radio verra défiler aussi bien les gangs que le Tout-Hollywood lors de soirées mythiques. À l'origine de cette histoire folle, une rencontre improbable entre deux ados volontaires et vifs d'esprit : Alex Jordanov, un jeune Français génie des mathématiques, et un rappeur en devenir : Ice-T...
Ice-T... Orphelin et tout juste viré des Marines, Tracy Lauren Marrow n'a rien à perdre quand il croise la route d'Alex. Il vit sur un matelas dans un garage et s'essaie à la criminalité du ghetto. Alex, ce jeune Français vient tout juste d'arriver en Amérique. Seulement, comment faire pour organiser des soirées à Hollywood quand on a 19 ans, on est blanc, français et qu'on vient de débarquer sans un sou ? C'est dans le garage de la tante d'Ice-T que les deux amis vont se taper dans la main et révolutionner la culture américaine... Alex fera appel à K.K., le batteur du légendaire groupe punk The Screamers, pour l'aider à trouver un local et l'éduquer en matière de music business tandis qu'Ice-T s'occupera d'enflammer la scène en continuant à mener une vie de gangster. Même si les débuts frisent la catastrophe, leur boîte ne désemplira plus ! The Radio devient le lieu privilégié de la contre-culture avec à sa tête deux ados qui n'ont pas 20 ans. La fièvre musicale et l'énergie créative qui s'y dégagent attirent des inconnus qui deviendront les superstars de demain lors de soirées déjantées. Mais le rêve américain a une fin et quand l'argent commence à couler à flots, les problèmes ne tardent pas à suivre...Hollywood a ses règles.
Entre criminalité, débrouille, mathématiques et succès fulgurant, Radio Club raconte la naissance d'un lieu underground et celle d'une amitié qui va changer l'industrie de la musique. Entraîné par sa passion de la musique, en collaboration avec Ice T et d'autres personnages flamboyants, Alex Jordanov revient sur sa propre histoire et nous donne à voir une certaine époque à travers le dessin nerveux et incisif de Ké Clero.
L
os Angeles, automne 1982.
Le rap n’a pas encore véritablement percé sur la côte Ouest, tandis qu’il explose déjà à New York. Que manque‑t‑il pour que la déferlante hip‑hop envahisse enfin les rues de L.A. ? Peut‑être un lieu capable de concentrer et de canaliser une énergie bouillonnante, bien présente dans la ville mais encore diffuse et mal orientée.
C’est dans ce terreau de contre‑culture qu’AJ et KK se lancent dans une aventure un peu folle : créer un club où pourraient se produire les artistes les plus prometteurs de la scène hip‑hop émergente. Dans quelques jours, The Radio ouvrira ses portes. S’y succéderont Ice‑T, Chris “The Glove” Taylor ou encore Afrika Bambaataa, mais aussi des futures stars comme Anthony Kiedis et Flea des Red Hot Chili Peppers, sans oublier une toute jeune chanteuse venue embraser la soirée avec un premier single pop au potentiel évident : Holiday, d’une certaine Madonna.
Radio Club, c’est d’abord une histoire de débrouille, portée par l’effervescence d’une époque où tout semble possible. Bien au‑delà d’un documentaire musical, cette bande dessinée raconte l’insouciance d’années pourtant déjà gangrenées par la corruption, la violence et les excès. Alex Jordanov y livre le récit de cette parenthèse presque enchantée qui précède sa carrière de grand reporter. Les anecdotes foisonnent, sur fond d’ascension de plusieurs figures majeures — à commencer par Ice‑T, resté un ami proche — mais aussi de jeunes talents qui feront plus tard leur chemin dans l’industrie, comme un certain Dr. Dre.
Le scénario pèche parfois par une tendance à vouloir rappeler que le narrateur y était, quitte à accentuer légèrement son rôle dans cette aventure. Il n’en reste pas moins que cette fresque possède un réel intérêt dans la manière dont elle capture l’énergie débordante précédant l’explosion de la musique urbaine. De ce point de vue, Ké Clero excelle à représenter l’urgence qui traverse les corps : son trait vif et anguleux épouse parfaitement l’atmosphère électrique que dépeint le livre.