Strips au ketchup
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résente sur les étals et le web depuis une quinzaine d’année, Iris est une figure reconnue de la bande dessinée indépendante québécoise. Autobiographie, humour, presse et titres jeunesses, elle aborde de nombreux sujets grâce à un trait simple, direct et plastique. Strips au ketchup rassemble des anecdotes et des récits courts datant de 2017-2022 (environ). Week-ends épiques au chalet entre copines, un peu de COVID, une invitation gastronomique au consulat du Japon, tracas divers et le chat (évidemment), le programme s’avère varié, passablement convenu et, heureusement, raconté avec ce qu’il faut d’esprit et d’autodérision.
L'album peut être lu comme une sorte de compagnon à Salade de Fruits de l’amie Cathon et, plus largement, à beaucoup d’autres recueils de ce genre assez communs au sein de la BD underground. Se regarder dans la glace, raconter ou documenter son quotidien, tenter d’en extraire quelques enseignements, avec deux-trois gags pour faire passer la pilule, la démarche est, en effet, une sorte de passage obligé. Iris s’en tire plutôt bien, même si l’exercice montre rapidement ses limites. Ainsi que l’a montré Lewis Trondheim, même fixés sur le papier, les petits riens restent des petits riens. Ceux d’Iris gagneront-ils en pertinence ou en importance, une fois rassemblés dans un livre et après quelques années ? Oui, non, peut-être, à chacun d’y confronter ses souvenirs ou ses propres expériences afin d’en tirer ses conclusions.
Amusant, un peu facile par moments, mais toujours d’une grande honnêteté, Strips au ketchup est une lecture sympathique, rigolote et parfaitement ancrée dans son époque. Les Historiens et les lecteurs du futur se réjouissent d’avance.
4.0


