Estampillé Japon

- Un poster de La Grande Vague d’Hiroshige, check.
- Un menu maki – nigiri 12 morceaux du resto d’en bas, check.
- Le résumé Télé7jours de Shogun, check.
- Les Haïkus en trois minutes, check.

C’est bon, Erik Tartrais a rassemblé toute la documentation dont il a besoin. Estampillé Japon va certainement être le nouvel album référence BD pour tout ce qui est nippon. Un peu comme l’a été Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ au sujet des Évangiles.

Pure exploitation alimentée au mauvais esprit, l’ouvrage dézingue le Japon médiéval un stéréotype à la fois. Les gags sont énormes et sont amenés avec la légèreté d’un sumo arthritique. Pas de doute, l’auteur fait dans le lourdingue et ne s’en cache pas. Il s’agit évidemment de l’un des plaisirs du deuxième degré. Pour autant, l’approche "dans ta gueule" de Tartrais cache énormément de respect et d’admiration pour cette culture, cela va sans dire. Maintenant, une bonne dose de complaisance et de répétition est également au rendez-vous. Quand une idée fait sourire, voire rire, il faut en profiter et ne pas hésiter à la replacer, c’est toujours ça de gagné sur le planning. Lors de la prépublication en magazine, ça passe sans trop de se faire remarquer, en recueil, un peu moins. Rien de vraiment critique en réalité, surtout que les dessins et les superbes couleurs façon estampe d’Annelise Sauvêtre confèrent une réelle tenue aux planches et aux illustrations. En résumé, une lecture sympathique et franchement amusante malgré quelques facilités.

Dans ces temps du politiquement correct, un ouvrage du type Estampillé Japon fait du bien. Il est encore possible de se moquer d’un peuple et de son histoire. Cependant, un peu plus d’originalité ou de mordant dans les piques aurait assurément bonifié l’expérience. Ça sera pour le deuxième tome, si aucun procès ne vient couper court à l’entreprise. Domo arigato gozaimasu.

Moyenne des chroniqueurs
6.0