Avila

D ans la France du début du XVIIe siècle, Avila recherche sa mère mystérieusement disparue en montant sur le bûcher. S’ensuit une course-poursuite contre le temps, car la jeune femme a vendu son âme au Diable, tapi dans son ombre, pour retrouver celle qui lui a donné le jour.

Paru en octobre dernier chez BAO, Avila, du tandem Teresa Radice et Stefano Turconi, sort en ce mois d’avril chez Glénat dans sa collection Treize Étrange.

À l’instar d’une pièce de Molière dont il est parfois ici question, Avila se joue en trois actes, disons chapitres. En situant son récit sous le règne de Louis XIII, Teresa Radice dépeint une France sortie du Moyen Âge mais qui tarde à exorciser ses démons. Entre manigances de cour, hallucinations religieuses et bêtise humaine, la scénariste italienne propose un récit où se mêlent aventure picaresque, quête initiatique et fable philosophique, le tout baignant dans un contexte historique riche en clins d’œil. Ainsi peut-elle aborder, avec une écriture qui séduira un large public, des thèmes universels comme la persécution de la différence, l’amour sous ses différentes formes, les joies et les grandes douleurs de la vie… avec toujours en toile de fond l’espoir d’un monde meilleur où le bien peut triompher du mal, même au prix de quelques peines.

Sur ce scénario quelque peu feel-good, Stefano Turconi livre, quant à lui, une partition graphique dans un registre semi-réaliste très expressif, dont le trait peine cependant, pour un public adulte, à exprimer l’extrémité de certains sentiments. Il en est de même pour ses planches, agréablement colorées et bénéficiant d’une jolie mise en lumière, qui font toutefois du royaume de France l’égal de l’Arcadie alors que le pays était en pleine guerre de Trente Ans !

Quoi qu’il en soit, tant par son sujet que par son esthétique, Avila est de ces albums à mettre entre toutes les mains, et particulièrement celles des jeunes lecteurs, qui trouveront sans doute là matière à réflexion sans pour autant recevoir de leçons.

Moyenne des chroniqueurs
6.0