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S arah, une Anglaise dans sa trentaine, est venue s’installer à Paris pour son travail il y a plusieurs mois. Depuis son arrivée, la capitale se montre rude : la foule se presse, les passants parlent vite et utilisent un argot épineux à comprendre. L’accueil qui lui est réservé est brutal, ce qui complique l’apprentissage du français et accentue son sentiment d’isolement. Heureusement, la situation change lorsqu’une rencontre inattendue survient : Ping, une jeune fille au pair d’origine chinoise.

James Albon aborde l’expérience de la vie à l’étranger, qui peut s’avérer difficile, notamment lorsque la barrière de la communication vient s’ajouter au quotidien. L’héroïne doit également composer avec un poste aux horaires lourds, peu valorisant, ainsi que des collègues peu bienveillants. Grâce à l’introduction du personnage de Ping, l’auteur explore différents thèmes : le besoin de lien social, la communication à travers les mots mais aussi les gestes, l’amitié et les émotions qui accompagnent une connexion capable de bouleverser une existence. Les liens entre les deux femmes se développent progressivement et prennent réellement forme vers la fin de l’histoire. Le soin apporté aux couleurs joue également un rôle important : le jaune associé à Ping évoque le soleil, la chaleur et le bien-être, tandis que le bleu froid représente le monde professionnel, décrit comme bureaucratique, misogyne et patriarcal. Ce contraste renforce l’opposition entre un univers oppressant et le cocon créé par les protagonistes principaux. Le dessin réussit à retranscrire l’ascenseur émotionnel d’une grande proximité en passant du doute et de l’angoisse à l’excitation puis à l’euphorie.

Love languages touche par la sincérité de ses émotions et rappelle avec douceur qu’un rapprochement inattendu peut illuminer une vie et briser les barrières de la langue.

Moyenne des chroniqueurs
6.0